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Samedi 10 décembre 2011 6 10 /12 /Déc /2011 12:53

 DSCN4696.JPG Un client pas comme les autres vient séjourner dans l'auberge d'une petite bourgade tranquille. Nul n'avait, jusqu'alors, rencontré un individu aussi étrange, et rapidement on se questionne : pourquoi est-il enrubanné de bandelettes, toujours emmitouflé dans son pardessus et coiffé d’un chapeau ? Que cherche-t-il à cacher avec cet accoutrement ? Outre son apparence physique, c’est aussi son comportement, et plus particulièrement le ton agressif et cassant qu’il emploie avec ses hôtes, qui le rend inquiétant. Qu'est-il venu faire ? Et que prépare-t-il quand on l'entend, la nuit, s'affairer ? 

 

C'est la grande modernité de ce classique publié en 1897 qui m'a d'abord frappée. Cette oeuvre de Herbert George Wells n’a pas été sans me rappeler Frankenstein et Dr Jekyll et Mr Hyde mais je l’ai appréciée davantage. J’ai été surprise à plusieurs reprises par la patte narrative de l’auteur comme pour cette ouverture du chapitre VIII : « ce chapitre est extrêmement bref », chapitre qui, effectivement, est très court. On l’imaginerait presque en face de nous, à nous raconter l’extraordinaire cas de l’Homme invisible, avec emphase et vivacité. C’est une histoire que j’ai dévorée et qui ne m’a pas déçue. Il y a une progression très nette dans le récit : toute la première partie nous présente l’homme à partir de son arrivée à l’auberge. Rien donc à propos de son passé, ce qui ajoute au mystère de son arrivée. On ne sait pas qui il est, d’où il vient et pourquoi il est là. Dans la seconde partie, tout s'accélère, il se démasque et l'enjeu n'est donc plus de savoir qui il est mais comment il va s'en sortir. Un classique à ne pas bouder à mon avis.

 

Extrait p 39

En se retournant, elle vit qu’il avait levé la tête et qu’il la regardait. Pendant une minute, elle le considérait fixement, trop surprise pour dire un mot.

Il tenait un linge blanc, une serviette apportée par lui, sur la partie inférieure de sa figure, de façon que sa bouche et ses mâchoires fussent complètement cachées : cela expliquait le timbre assourdi de sa voix. Mais ce n’était pas cela qui étonnait le plus Mme Hall. En effet, tout le front du voyageur, au-dessus des lunettes bleues, était couvert d’un bandeau blanc (…).

 
Par Amandine - Publié dans : Romans étrangers - Communauté : Parce quon est tous différents
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Mercredi 26 octobre 2011 3 26 /10 /Oct /2011 21:42

DSCN4692 Toute sa vie, elle a cherché l’amour des hommes. Formatée par les relations que son père a entretenues avec elle, c’est de façon maladroite qu’elle se lie au sexe fort. Dès que les liens sont trop serrés, dès que ça devient sérieux, elle panique et fait tout capoter. Peur d’être oubliée, peur de ne plus exister ou d’étouffer, la fuite est devenue sa réponse systématique. Pourtant, elle l’attend, son homme, celui qui pourra lui donner confiance en lui, en eux. Bien décidée à réagir, à se battre contre ses vieux démons, elle quitte Paris pour s’installer à New York, chez une amie. Nouvel environnement, nouvelles rencontres, nouveau départ. Elle va croiser des hommes, puis un homme qui va lui faire toucher du doigt que, peut être…

 

J’ai bien aimé ce roman de Katherine Pancol, que je ne connaissais et appréciais jusque là qu’à travers Les yeux jaunes des crocodiles et La valse lente des tortues. Son style, ses formulations et le rythme qu’elle a inculqués aux descriptions des émotions de l’héroïne m’ont percutée et m’ont emportée  dans cette histoire d’amourS. Beaucoup d’introspections chez cette femme, de réflexions qui ont résonné en moi. J’ai été touchée par sa précipitation, par les plans qu’elle tire sur la comète à vitesse V, par ses cascades d’interprétations qui changent, au moindre événement, leur impact sur son humeur, sur son rapport à l’Autre. J’ai trouvé ces passages particulièrement bien décrits. Par contre, je ne sais pas si cet ouvrage peut trouver son public chez les hommes. Katherine Pancol me semble vraiment être une femme qui écrit pour les femmes.

 

Extrait (p 130)

J'ai tout gâché.

Je gâche toujours tout. C'est plus fort que moi. Un ordre qui vient d'ailleurs et me rend mauvaise. Alors je décide de lui écrire. Pour effacer le mauvais goût d'hier soir. En gros, j'écris qu'en ce moment je ne vais pas fort. Que c'est pas de sa faute. Que je mélange tout. Que ça va sûrement s'arranger et que, alors, je lui ferai signe. Et s'il n'a pas trop les chocottes, on pourait se revoir Et ce soir-là, promis, je lui foutrai la paix avec la statue de la Liberté et le fils d'Hemingway.

C'est bien plus compliqué ce que je voudrais lui écrire. Mais bon...

 

 

Un avis que j'ai bien aimé

Par Amandine - Publié dans : Romans français - Communauté : Parce quon est tous différents
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Lundi 24 octobre 2011 1 24 /10 /Oct /2011 13:30

DSCN4581.JPG Drôle d'héritage que celui-ci : à la disparition de son grand-père, un jeune homme (le personnage principal du roman n'a pas de prénom, c'est comme ça !) ne reçoit en tout et pour tout qu'un carnet aux pages blanches. Après quelques explications transmises par le notaire, il apprend que ces pages lui serviront de portes pour voyager dans ses souvenirs. Ainsi, chaque souvenir qu'il écrira sera revécu l'espace de quelques minutes. Un souvenir par page, 100 pages à noircir ... quels souvenirs sélectionner ? Quel impact sur sa vie actuelle ? A trop revivre son passé, ne risque-t-on pas d'oublier de vivre dans le présent et donc de compromettre son futur ?

 

C’est gentillet, c’est plein de bons sentiments, c’est sans surprise… et ça m’a déçue. J’avais beaucoup entendu parler de « Dieu est un pote à moi » lors de sa sortie, avec l’envie de le lire, mais la lecture de « 100 pages blanches »  me fait revoir mes projets. C’est d’habitude l’effet inverse qui se produit… Je n’ai pas été touchée plus que ça par l’histoire, le personnage principal, très nombriliste, m’a paru fade, le message porté par l’ensemble m’a semblé très convenu (du genre qui enfonce des portes ouvertes). En fin d’ouvrage, j’ai eu le fol espoir d’être surprise par la tournure du récit, avant d’être tristement happée par une très classique happy end qui m’a fait penser que ça aurait pu … mais non... La fin est à l’image du reste : gentillette, pleine de bons sentiments, sans surprise. Tout ça m'a décidément laissé un goût de « bof ».

 

Extrait p 15

Au moment de fermer la porte, le carnet sur la table attire mon regard. Je crois que c’est pire que si je n’avais rien eu. Qu’il ne veuille rien me léguer, soit, mais me laisser moins qu’une miette, des feuilles blanches, c’en est presque cruel.

Putain de calepin.

Je le prends dans ma main, caresse un instant le cuir délicat. Je me sens vide. Alors, je me dirige vers la cuisine et le jette là où il aurait dû se trouver depuis longtemps : au fond d’une poubelle.

 

L'avis d'une autre lectrice par ici

Par Amandine - Publié dans : Romans français - Communauté : Salon Lecture
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Mercredi 21 septembre 2011 3 21 /09 /Sep /2011 16:07

DSCN4583.JPG L’entourage du Dr Jekyll n’en revient pas : comment ce brillant médecin peut-il se lier d’amitié avec Edward Hyde, un homme mystérieux et violent, au point de le coucher sur son testament ? D’où vient cet homme que personne ne connaissait jusqu’alors ? Utterson, l’exécuteur testamentaire de Jekyll se retrouve en possession d’inquiétants témoignages qui vont l’amener à reconsidérer cette amitié nouvelle sous un autre jour.

 

 

Cette courte nouvelle (moins de 90 pages) que Stevenson a publié en 1886 m’a beaucoup plu. Je connaissais l’histoire du médecin à deux visages mais en ignorais beaucoup d’éléments. L’anecdote est racontée du point de vue du notaire et ce n’est qu’en lisant les toutes dernières pages que l’on connaît le fin mot de l’histoire. En bref, L’étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde est un classique que j’ai trouvé tout à fait plaisant à lire.

 

 

Extrait p 57

Au beau milieu de la pièce gisait le corps d’un homme affreusement convulsé, qui tressaillait encore. S’approchant sur la pointe des pieds, ils le retournèrent sur le dos, et reconnurent les traits d’Edward Hyde. Il portait des vêtements beaucoup trop grands pour lui, des vêtements à la taille du docteur. Les muscles de son visage bougeaient encore d’un semblant de vie, mais la vie elle-même l’avait quitté (…)

 

(Cette histoire est à l'origine de cette chanson de Gainsbourg)

 
Par Amandine - Publié dans : Nouvelles - Communauté : Parce quon est tous différents
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Lundi 29 août 2011 1 29 /08 /Août /2011 20:21

DSCN4483.JPG Milo Rojevic, un flic accro au sexe et prêt à tout pour assouvir ses pulsions, doit enquêter sur la disparition de son coéquipier. Entre son ex-femme, des collègues prêts à tout pour lui mettre des bâtons dans les roues, ses supérieurs qui n’ignorent rien de ses frasques et ne l’estiment que peu et son addiction, « Casanova » a bien du mal à suivre une piste tangible. Les choses se complexifient encore davantage quand il découvre que son coéquipier a été marié, a eu un enfant (et quelle progéniture !) et a fréquenté un club sado-maso qui repousse les limites du dicible…

 

Le ton est donné dès la première page, et on sent tout de suite que ce polar va être cru, très cru ! Le personnage principal est un pervers, un paumé qui semble n’avoir aucune morale et se laisse mener par le bout. Tout le champ lexical de la sexualité y passe, tous les synonymes du sexe masculin aussi. L’univers dans lequel évolue Casanova est glauque à souhait, les pratiques plus perverses les unes que les autres et le rapport homme/femme complètement bancal, la femme n’étant qu’un réceptacle, un moyen pour lui de se soulager, sans qu’aucune considération ne lui soit portée. J’ai trouvé que l’enquête ne se déroulait pas comme usuellement dans les rompols, je n’ai d’ailleurs pas eu l’impression de lire un polar, tant l’enquête, par rapport aux errances psychologiques de Rojevic, m’a semblé secondaire. L’essentiel du roman est construit à la troisième personne, mais de temps en temps, Casanova s’exprime directement, souvent pour reprendre à son compte des passages narratifs que l’on vient tout juste de lire, ce qui m’a donné l’impression d’une confession. On le sent seul, perdu et il en devient touchant. Les sphères dans lesquelles il évolue (péniblement) sont angoissantes, les protagonistes peu amènes et fréquentables. Un polar surprenant, que je n’ai pas trouvé désagréable mais dont le style et le vocabulaire peut freiner certains lecteurs.

 

Extrait (p 24)

 

Giovanni dans la nature, ça fout des frissons, pas vrai ?

Ca veut dire quoi, ce sous-entendu, « inspecteur » Rojevic ?

Je parlais pour moi, monsieur.

Bien entendu. Et vous avez parfaitement raison. Vous trouvez pas que ça sent une drôle d’odeur ?

Casanova fit mine d’inspecter les lieux, à la recherche d’une source probable.

Une odeur ? Comment ça ?

Le Manitou plissa le visage. Il prit une mine dégoûtée, pour ne pas dire horrifiée.

Une odeur de… de foutre ?

Une odeur de foutre ?

Casanova voyait très bien à quoi le Manitou faisait allusion. Il n’avait pas eu le temps de prendre une douche après avoir baisé la secrétaire du DRH dans un débarras du second.

 

L’avis de deux autres bloggueuses-bouquineuses : ici et

Par Amandine - Publié dans : Policiers - Communauté : Parce quon est tous différents
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