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Dimanche 5 février 2012 7 05 /02 /Fév /2012 19:32

DSCN5725.JPG Deux ans après la mort de sa mère, Delphine a toujours du mal à comprendre. A faire son deuil. Il faut dire que rendre visite à sa mère pour la trouver dans son lit quelques jours après son suicide, ça a de quoi vous tournebouler et vous hanter.

A partir de ce drame familial, l’auteure décide de plonger au cœur de son histoire familiale pour tenter de comprendre comment sa mère s’est construite, ou tout au moins de s’approcher d’une vérité qui pourrait l’aider à trouver l’apaisement. Sans jamais prétendre toucher LA vérité. Et cette plongée dans les archives familiales va mettre en lumière beaucoup de zones d’ombre. Alternant des arrêts sur image de la vie de sa mère et la réalisation, presque pas à pas, de son projet de rédaction, Delphine de Vigan rapporte ses doutes, ses difficultés et ses craintes, et dresse le portrait d’une famille dans la tourmente et les non-dits.

 


Lorsqu’une de mes collègues m’a proposé de me prêter cet ouvrage, j’ai accepté tout de go. Impossible, depuis sa parution, d’être passée à côté de sa couverture, en bonne place dans les vitrines des libraires. Je n’avais encore jamais lu Delphine de Vigan et j’ai appris, en commençant ma lecture par la liste des précédents ouvrages de l’auteure, qu’elle avait écrit No et moi (j’ai encore en tête la sortie du film de Zabou Breitman), livre dont une autre collègue m’a parlé il y a quelques jours pour l’avoir donné à lire à des élèves de troisième (et que j’ai bien envie, du coup, d’ajouter à mon carnet-liste de PAL).

Tout au long de ma lecture, j’ai ressenti une certaine transparence dans les mots de l’auteure, une certaine humilité : confusion, incertitudes, peur de blesser, de trahir, de faire le mauvais choix. On sent, dès les premières pages, que cette entreprise fut loin d’être aisée. Mais qu’elle était inévitable. A aucun moment, je n’ai senti de jugement sur sa mère et son incapacité à bien s’occuper de ses filles, à communiquer, à s’épanouir. Même dans les passages témoignant de grands désordres intérieurs et extérieurs. Entre transparence (ou objectivité) et pudeur, les histoires de la famille Poirier se déroulent, se répondent. Les choses se mettent en place petit à petit, et l’on est surpris, ébranlé, choqué même parfois. Pas indifférent en tout cas. Ce roman m’a bouleversée et je l’ai terminé très émue, ce qui, de mémoire, ne m’était pas encore arrivé.

 

(Quand j’ai rendu le livre à ma collègue et qu’elle m’a demandé mon avis, je n’imaginais pas déclencher une si vive réaction chez un autre collègue, qui était là et avait son mot à dire (malgré qu’il n’ait pas lu le livre ... ) Ce « déballage », comme il l’appelle, cette « facilité d’écrire sur quelque chose que l’on n’invente pas », c’est un scandale. J’en ai pris pour mon grade (de lectrice touchée par cette lecture « facile » selon lui, shame on me !) pendant 5 minutes et, pour clore la discussion un peu lâchement devant ses foudres, je lui ai rétorqué que je n’étais peut être pas une lectrice très exigeante.  J’imagine aisément ce qu’il peut penser de ce déferlement de confessions sur le Net depuis l’ouverture des blogs… confessions que j’aime beaucoup, beaucoup parcourir !

Je m’interroge aujourd'hui encore : a-t-on besoin d’inventer pour toucher un lectorat ? Les best-sellers sont-ils forcément des livres faciles, pour public neuroné a minima ? Ne peut-on se considérer comme amoureux des mots qu’à condition de n’aimer que les « grands auteurs » ? )

 

 

Extrait (p 86)

 

Derrière la mythologie, il y a la mort et l’arrivée d’un autre : une pièce de puzzle qu’on essaie de faire rentrer de force, me dira Violette lors de nos entretiens. Dans des notes que Lucile a écrites sur son enfance, récupérées chez elle au fond d’un carton, à propos de l’arrivée de Jean-Marc, j’ai trouvé cette phrase : Ainsi je découvrais confusément, malgré les explications et les dénégations, que nous étions interchangeables. Je n’ai jamais pu me convaincre par la suite du contraire, ni dans les rapports amoureux, ni dans les rapports amicaux.

 

 

Une interview de Delphine de Vigan ici

Par Amandine - Publié dans : Romans français - Communauté : Mes livres préférés
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Samedi 10 décembre 2011 6 10 /12 /Déc /2011 12:53

 DSCN4696.JPG Un client pas comme les autres vient séjourner dans l'auberge d'une petite bourgade tranquille. Nul n'avait, jusqu'alors, rencontré un individu aussi étrange, et rapidement on se questionne : pourquoi est-il enrubanné de bandelettes, toujours emmitouflé dans son pardessus et coiffé d’un chapeau ? Que cherche-t-il à cacher avec cet accoutrement ? Outre son apparence physique, c’est aussi son comportement, et plus particulièrement le ton agressif et cassant qu’il emploie avec ses hôtes, qui le rend inquiétant. Qu'est-il venu faire ? Et que prépare-t-il quand on l'entend, la nuit, s'affairer ? 

 

C'est la grande modernité de ce classique publié en 1897 qui m'a d'abord frappée. Cette oeuvre de Herbert George Wells n’a pas été sans me rappeler Frankenstein et Dr Jekyll et Mr Hyde mais je l’ai appréciée davantage. J’ai été surprise à plusieurs reprises par la patte narrative de l’auteur comme pour cette ouverture du chapitre VIII : « ce chapitre est extrêmement bref », chapitre qui, effectivement, est très court. On l’imaginerait presque en face de nous, à nous raconter l’extraordinaire cas de l’Homme invisible, avec emphase et vivacité. C’est une histoire que j’ai dévorée et qui ne m’a pas déçue. Il y a une progression très nette dans le récit : toute la première partie nous présente l’homme à partir de son arrivée à l’auberge. Rien donc à propos de son passé, ce qui ajoute au mystère de son arrivée. On ne sait pas qui il est, d’où il vient et pourquoi il est là. Dans la seconde partie, tout s'accélère, il se démasque et l'enjeu n'est donc plus de savoir qui il est mais comment il va s'en sortir. Un classique à ne pas bouder à mon avis.

 

Extrait p 39

En se retournant, elle vit qu’il avait levé la tête et qu’il la regardait. Pendant une minute, elle le considérait fixement, trop surprise pour dire un mot.

Il tenait un linge blanc, une serviette apportée par lui, sur la partie inférieure de sa figure, de façon que sa bouche et ses mâchoires fussent complètement cachées : cela expliquait le timbre assourdi de sa voix. Mais ce n’était pas cela qui étonnait le plus Mme Hall. En effet, tout le front du voyageur, au-dessus des lunettes bleues, était couvert d’un bandeau blanc (…).

 
Par Amandine - Publié dans : Romans étrangers - Communauté : Parce quon est tous différents
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Mercredi 26 octobre 2011 3 26 /10 /Oct /2011 21:42

DSCN4692 Toute sa vie, elle a cherché l’amour des hommes. Formatée par les relations que son père a entretenues avec elle, c’est de façon maladroite qu’elle se lie au sexe fort. Dès que les liens sont trop serrés, dès que ça devient sérieux, elle panique et fait tout capoter. Peur d’être oubliée, peur de ne plus exister ou d’étouffer, la fuite est devenue sa réponse systématique. Pourtant, elle l’attend, son homme, celui qui pourra lui donner confiance en lui, en eux. Bien décidée à réagir, à se battre contre ses vieux démons, elle quitte Paris pour s’installer à New York, chez une amie. Nouvel environnement, nouvelles rencontres, nouveau départ. Elle va croiser des hommes, puis un homme qui va lui faire toucher du doigt que, peut être…

 

J’ai bien aimé ce roman de Katherine Pancol, que je ne connaissais et appréciais jusque là qu’à travers Les yeux jaunes des crocodiles et La valse lente des tortues. Son style, ses formulations et le rythme qu’elle a inculqués aux descriptions des émotions de l’héroïne m’ont percutée et m’ont emportée  dans cette histoire d’amourS. Beaucoup d’introspections chez cette femme, de réflexions qui ont résonné en moi. J’ai été touchée par sa précipitation, par les plans qu’elle tire sur la comète à vitesse V, par ses cascades d’interprétations qui changent, au moindre événement, leur impact sur son humeur, sur son rapport à l’Autre. J’ai trouvé ces passages particulièrement bien décrits. Par contre, je ne sais pas si cet ouvrage peut trouver son public chez les hommes. Katherine Pancol me semble vraiment être une femme qui écrit pour les femmes.

 

Extrait (p 130)

J'ai tout gâché.

Je gâche toujours tout. C'est plus fort que moi. Un ordre qui vient d'ailleurs et me rend mauvaise. Alors je décide de lui écrire. Pour effacer le mauvais goût d'hier soir. En gros, j'écris qu'en ce moment je ne vais pas fort. Que c'est pas de sa faute. Que je mélange tout. Que ça va sûrement s'arranger et que, alors, je lui ferai signe. Et s'il n'a pas trop les chocottes, on pourait se revoir Et ce soir-là, promis, je lui foutrai la paix avec la statue de la Liberté et le fils d'Hemingway.

C'est bien plus compliqué ce que je voudrais lui écrire. Mais bon...

 

 

Un avis que j'ai bien aimé

Par Amandine - Publié dans : Romans français - Communauté : Parce quon est tous différents
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Lundi 24 octobre 2011 1 24 /10 /Oct /2011 13:30

DSCN4581.JPG Drôle d'héritage que celui-ci : à la disparition de son grand-père, un jeune homme (le personnage principal du roman n'a pas de prénom, c'est comme ça !) ne reçoit en tout et pour tout qu'un carnet aux pages blanches. Après quelques explications transmises par le notaire, il apprend que ces pages lui serviront de portes pour voyager dans ses souvenirs. Ainsi, chaque souvenir qu'il écrira sera revécu l'espace de quelques minutes. Un souvenir par page, 100 pages à noircir ... quels souvenirs sélectionner ? Quel impact sur sa vie actuelle ? A trop revivre son passé, ne risque-t-on pas d'oublier de vivre dans le présent et donc de compromettre son futur ?

 

C’est gentillet, c’est plein de bons sentiments, c’est sans surprise… et ça m’a déçue. J’avais beaucoup entendu parler de « Dieu est un pote à moi » lors de sa sortie, avec l’envie de le lire, mais la lecture de « 100 pages blanches »  me fait revoir mes projets. C’est d’habitude l’effet inverse qui se produit… Je n’ai pas été touchée plus que ça par l’histoire, le personnage principal, très nombriliste, m’a paru fade, le message porté par l’ensemble m’a semblé très convenu (du genre qui enfonce des portes ouvertes). En fin d’ouvrage, j’ai eu le fol espoir d’être surprise par la tournure du récit, avant d’être tristement happée par une très classique happy end qui m’a fait penser que ça aurait pu … mais non... La fin est à l’image du reste : gentillette, pleine de bons sentiments, sans surprise. Tout ça m'a décidément laissé un goût de « bof ».

 

Extrait p 15

Au moment de fermer la porte, le carnet sur la table attire mon regard. Je crois que c’est pire que si je n’avais rien eu. Qu’il ne veuille rien me léguer, soit, mais me laisser moins qu’une miette, des feuilles blanches, c’en est presque cruel.

Putain de calepin.

Je le prends dans ma main, caresse un instant le cuir délicat. Je me sens vide. Alors, je me dirige vers la cuisine et le jette là où il aurait dû se trouver depuis longtemps : au fond d’une poubelle.

 

L'avis d'une autre lectrice par ici

Par Amandine - Publié dans : Romans français - Communauté : Salon Lecture
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Mercredi 21 septembre 2011 3 21 /09 /Sep /2011 16:07

DSCN4583.JPG L’entourage du Dr Jekyll n’en revient pas : comment ce brillant médecin peut-il se lier d’amitié avec Edward Hyde, un homme mystérieux et violent, au point de le coucher sur son testament ? D’où vient cet homme que personne ne connaissait jusqu’alors ? Utterson, l’exécuteur testamentaire de Jekyll se retrouve en possession d’inquiétants témoignages qui vont l’amener à reconsidérer cette amitié nouvelle sous un autre jour.

 

 

Cette courte nouvelle (moins de 90 pages) que Stevenson a publié en 1886 m’a beaucoup plu. Je connaissais l’histoire du médecin à deux visages mais en ignorais beaucoup d’éléments. L’anecdote est racontée du point de vue du notaire et ce n’est qu’en lisant les toutes dernières pages que l’on connaît le fin mot de l’histoire. En bref, L’étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde est un classique que j’ai trouvé tout à fait plaisant à lire.

 

 

Extrait p 57

Au beau milieu de la pièce gisait le corps d’un homme affreusement convulsé, qui tressaillait encore. S’approchant sur la pointe des pieds, ils le retournèrent sur le dos, et reconnurent les traits d’Edward Hyde. Il portait des vêtements beaucoup trop grands pour lui, des vêtements à la taille du docteur. Les muscles de son visage bougeaient encore d’un semblant de vie, mais la vie elle-même l’avait quitté (…)

 

(Cette histoire est à l'origine d'une chanson de Gainsbourg)

 
Par Amandine - Publié dans : Nouvelles - Communauté : Parce quon est tous différents
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