Partager l'article ! L'attrape-coeurs, J. D. Salinger: Trois jours avant les vacances de Noël, Holden Caulfield est une fois de plus renvoyé de son collège. Un ...
Trois jours avant les vacances de Noël, Holden Caulfield est une
fois de plus renvoyé de son collège. Une fois de trop. Pressentant que ses parents vont mal recevoir la nouvelle, il décide d'attendre avant de rentrer chez lui. Il prépare sa valise, saute dans
un train de nuit pour New York et va errer, d'hôtels miteux en boîtes branchées, pour remplir ces quelques jours avant de rentrer chez lui. Entre errances et retrouvailles, on apprend que son
frère préféré est mort d'une leucémie et qu'il lui parle souvent, que sa mère ne s'en est jamais vraiment remise, que son ancien professeur de littérature apprécie plutôt la compagnie des
adolescents... Dans un monde où tout est superficiel, où tout est mensonge, Caulfield avance comme il le peut, avec ses doutes et ses idées noires.
Ce roman me laisse une drôle d'impression et je ne sais pas si je l'ai aimé ou pas. On entre très vite dans la tête de cet ado paumé qui se sent seul, grâce au vocabulaire et au niveau de langue utilisés ici. Les répétitions régulières tout au long du livre, loin d'installer une monotonie pesante au récit, renforcent ce sentiment d'être un auditeur privilégié de Caulfield. Car on a souvent l'impression de l'écouter plus que de le lire. Et les apostrophes au lecteur opèrent dans le même sens. J'ai parfois eu l'impression d'être assise à une table en face de lui, à l'écouter relater son errance. Mais je me suis aussi sentie balader de bouges en taxis, un peu perdue, sans savoir où il allait (comme lui finalement) à me demander comment cela allait finir. Finalement on en saura très peu sur sa vie. On ne sait pas comment s'est passé son retour à la maison, n'y précisément d'où il écrit son histoire. Cela laisse la place à l'imagination.
Extrait (p 208)
- Tu connais la chanson "Si un coeur attrape un coeur qui vient à travers les seigles" ? Je voudrais ...
- C'est " Si un corps rencontre un corps qui vient à travers les seigles". C'est un poème de Robert Burns.
- Je le sais bien que c'est un poème de Robert Burns." Remarquez, elle avait raison, c'est " Si un corps rencontre un corps qui vient à travers les seigles". Depuis j'ai vérifié.
Là j'ai dit : "Je croyais que c'était " Si un coeur attrape un coeur". Bon. Je me représente tous ces petits mômes qui jouent à je ne sais quoi dans le grand champ de seigle et tout. Des milliers de petits mômes et personne avec eux je veux dire pas de grandes personnes - rien que moi. Et moi je suis planté au bord d'une saleté de falaise. Ce que j'ai à faire c'est attraper les mômes s'ils approchent trop près du bord. Je veux dire s'ils courent sans regarder où ils vont, moi je rapplique et je les attrape. C'est ce que je ferais toute la journée. Je serais juste l'attrape-coeurs et tout. D'accord, c'est dingue, mais c'est vraiment ce que je voudrais être. Seulement ça. D'accord, c'est dingue".
Un site qui vous emmènera plus loin dans le roman de Salinger (j'ai pris beaucoup de plaisir à y lire l'analyse du roman) :
Je trouve dommage qu'on ne sache pas la fin ou plutôt qu'elle est raconté de façon implicite.
Bonne journée et à bientôt, j'espère.
Cordialement,
Salut Antoni
oui, j'ai vu que tu n'étais pas non plus transporté par l'Attrape-coeurs ! Je file sur ton blog.
A bientôt