La route, Cormac McCarthy

Publié le par Amandine

IMG_0805.JPG L’homme et le petit avancent, comme ils peuvent. L’incertitude et la peur tissent le canevas de leur quotidien. Entre recherche de nourriture, d’abri et évitement des autres survivants, ils portent le feu et s’accrochent l’un à l’autre pour continuer.

 

 

Je viens de refermer ce livre, de quitter La route. Et ce que j’en ressens va plutôt à l’encontre de mes goûts habituels. Moi qui d’ordinaire aime bien savoir où l’on m’entraîne, qui habituellement n’aime pas être ballotée tout au long d’un roman sans savoir à la fin le pourquoi du comment, j’ai beaucoup aimé, ici, ne rien savoir. La plongée dans ce road movie à pied et en caddie ne ressemble à rien que j’ai lu jusqu’alors. De l’homme et de son fils, on ne sait rien : ni leur nom, ni leur âge, ni d’où ils viennent. On ignore tout, également, de ce qui s’est passé à plus grande échelle. McCarthy nous en expose seulement les conséquences : des villes abandonnées et une nature complètement dévastée. Les très rares survivants cherchent des denrées, essaient de s’accrocher. A quoi ? Quel espoir peut-il encore y avoir dans cette désolation ? La motivation de l’homme et du petit, comme ils sont appelés dans le roman, fait partie des multiples inconnues qui posent le cadre de lecture. Que cherchent-ils ? Depuis combien de temps avancent-ils ainsi ? C’est sans repères que, comme eux, on traverse cette route. Aucune référence précise aux contrées traversées, aux personnes rencontrées, au temps qui s’écoule. Le récit pourrait prendre place partout comme nulle part précisément. Malgré tout, on pousse le caddie, on bivouaque avec eux, vers on ne sait quoi. Mais on avance.

 

 

(Première lecture en point 2. J’aime j’aime j’aime ce livre beau, léger, qui rentre largement dans le sac à main, qu’on tient d’une main et d’une façon inhabituelle. La lecture est très agréable, la taille de la police bien adaptée. Je pense d’ailleurs sérieusement à m’en constituer un petit stock pour les vacances. Et puis gros coup de coeur pour la com’ autour du lancement de la marque vu au cinéma il y a quelques mois :

Seul petit bémol, pas de marque page intégré et du coup pas possible d’insérer une carte postale, trop grande, en guise de repère. Mais la fée marketing est passée par ). Ouf on a eu chaud !

 

 

Extrait (p106)

 

Ils repartirent vers l’est entre les arbres morts encore debout. Ils passèrent devant une vieille maison à pans de bois et traversèrent une route de terre. Une parcelle défrichée qui avait peut être été jadis un jardin potager. S’arrêtant de temps à autre pour écouter. L’invisible soleil ne projetait pas d’ombre. Ils débouchèrent brusquement sur la route et d’un signe de la main il arrêta le petit et ils s’accroupirent dans le fossé comme des lépreux et restèrent là à écouter. Pas de vent. Un silence de mort. Au bout d’un moment il se releva et s’avança sur la route. Il regarda derrière lui. Viens, dit-il. Le petit sortit du fossé et l’homme montra du doigt les empreintes dans la cendre là où le camion était passé. Le petit restait immobile, enveloppé dans la couverture les yeux baissés sur la route. 

Publié dans Romans étrangers

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