Marilyn dernières séances, Michel Schneider
Lorsque Marilyn entame une énième psychothérapie, ni elle ni son psychanalyste ne peuvent alors se douter que 30 mois plus tard, leur relation prendrait fin avec le décès de l'actrice. C'est un père, un amant, un confident, un soutien que Marilyn est venue chercher. Il va rapidement lui être indispensable et le cadre de la thérapie s'en trouvera fortement ébranlé. De là à à la précipiter aux portes de la mort ?
J'ai adoré ! Entre roman et biographie pure, les pages de ces Dernières séances m'ont régalées. Marilyn s'y promène dans toute sa féminité, dans toutes ses contradictions, dans toute sa complexité. Le "personnage" de Grennson, lui, dérange, étonne, inquiète. De drôles de coïncidence interpellent, le mystère de la mort de la star hollywoodienne fascine toujours autant après la lecture de ses dernières années de vie, lecture qui donne envie de dévorer d'autres ouvrages sur cette vie si atypique. Marilyn y est touchante, désarmante, fascinante.
Extrait (p 133)
Deuxième séance, le soir du même jour. Marilyn s'assied face à son psychanalyste.
- Lorsqu'on est célèbre, chacune de vos faiblesses est amplifiée au maximum. Le cinéma devrait se conduire à notre égard comme une mère dont l'enfant vient tout juste d'échapper à un accident de voiture. Mais au lieu de nous prendre contre lui et de nous consoler, le cinéma nous punit. Le cinéma, c'est toujours ça : prendre et encore prendre. On appelle ça des prises, justement, les séquences qu'on vous fait recommencer cent fois. Mais qui donne, qui reçoit, qui aime ? Avez-vous remarqué, docteur, qu'à Hollywood où des millions et des milliards de dollars ont été gagnés, il n'existe pas de monuments, de musées ? Personne n'a laissé quelque chose derrière soi. Tous ceux qui sont venus ici n'ont su faire qu'une chose, prendre, prendre ! Je ne participerai jamais à cette grande cavalcade américaine où les gens passent leur vie à se précipiter d'un endroit à l'autre, très vite et sans raison.
- Nous allons nous arrêter là.
- Ah, vous aussi, vous dites : "Coupez ! Prochaine prise ! Marilyn dernière !"
Pour lire l'avis de Nathalie Bouquine, c'est par là !